CD 1
Piano Sonata No. 12 in A-Flat Major, Op. 26
Piano Sonata No. 13 in E-Flat Major, Op. 27/1
‘Quasi una fantasia’
Piano Sonata No. 14 in C-Sharp Minor, Op. 27/2 ‘Moonlight’
Piano Sonata No. 15 in D Major, Op. 28 ‘Pastorale’
CD 2
Piano Sonata No. 16 in G Major, Op. 31/1
Piano Sonata No. 17 in D Minor, Op. 31/2 ‘The Tempest’
Piano Sonata No. 18 in E-Flat Major, Op. 31/3 ‘The Hunt’
5 Variations on “Rule Britannia”, WoO 79
CD 3
7 Bagatelles, Op. 33
6 Variations on an Original Theme, Op. 34
15 Variations and a Fugue, Op. 35 ‘Eroica Variations’
32 Variations on an Original Theme, WoO 80
7 Variations on “God Save the King”, WoO 78
CD 4
Piano Sonata No. 21 in C Major, Op. 53 ‘Waldstein’
Piano Sonata No. 22 in F Major, Op. 54
Piano Sonata No. 23 in F Minor, Op. 57 ‘Appassionata’
Andante favori, WoO57
Prelude, WoO 55
‘Lustig und traurig’, WoO 54
CD 5 6 Variations on an Original Theme, Op. 76
Fantasia in G Minor, Op. 77
Piano Sonata No. 24 in F-Sharp Major, Op. 78
Piano Sonata No. 25 in G Major, Op. 79
Piano Sonata No. 26 in E-Flat Major, Op. 81a ‘Les Adieux’
Polonaise in C Major, Op. 89
Piano Sonata No. 27 in E Minor, Op. 90
Bagatelle in A Minor, WoO 59
‘Für Elise’ (1810 Version)
Alfredo Perl, piano
"Je ne redirai pas ici l’excellence du projet et de sa réalisation déjà signalés dans le papier consacré au premier volume de ce retour d’Alfredo Perl à son compositeur d’élection (voir ici). S’engouffrer dans les Sonates médianes suppose un élargissement considérable, non seulement pianistiquement, mais aussi intellectuellement.
Alfredo Perl le sait bien, il a les moyens de sa politique : toujours cette même vision hautaine, doublée d’une réserve qui lui fait refuser les foucades, les humeurs, et comme nier ce qui chez Beethoven et à mesure qu’il se réalise, s’approche de l’improvisation.
Il préfère tout peser à l’aune de la raison, ce qui en agacera certains, mais abordées ainsi, les Sonates à titre souvent réduites à leur propos illustratif, dévoilent le laboratoire créatif : les sfumatos, les suspensions, les éclairs de la Waldstein ou de La Tempête sont visionnaires d’autres mondes, des musiques pour Turner. Les affects des brèves Sonates Nos. 22, 24, 25 ou 27 exposent toute une nouvelle syntaxe, allusive, elliptique, fascinante jusqu’à déconcerter, tant Alfredo Perl en fait entendre les textes débarrassés de leurs décors, comme un marchepied aux élévations des ultimes Sonates à venir. Claudio Arrau ne faisait pas autrement, la profondeur du piano d’Alfredo Perl, la nature même de sa sonorité l’évoque souvent, ils entendent Beethoven à la même altitude.
Le caractère ne lui manque pas, écoutez seulement la Quasi una fantasia, la Pastorale, écoutez surtout cette Clair de lune hypnotique, si « dite » et pour les petites pièces (la Polonaise !), les cahiers de Variations, parfois des abrupts, une fantaisie, un mordant qu’on ne lui suppose pas : les Eroica sont « stupenda », au même étiage de vision et d’audace qu’avaient affichés ses Diabelli de 1995 (Arte Nova, puis reprises sur Oehms)."
-Artamag'