CD1
Anton Bruckner (1824-1896)
Symphonie n°7 (1883)
CD 2
Anton Bruckner (1824-1896)
Symphonie n°4 (1878/1880)
CD 3
Bedrich Smetana (1824-1884)
Ma Vlast (Ma patrie)
Rued Langgaard (1893-1952)
Symphonie n°5 « Steppenatur »
CD 4
L.V. Beethoven (1770-1827)
Symphonie n°6 Pastorale
Aarhus Symphony Orchestra
Leif Segerstam
Le titre du papier est pour l’accroche : évidemment, Leif Segerstam ne pouvait savoir que les concerts publiés ici seraient parmi ses derniers. Il aimait l’Orchestre Symphonique d’Aarhus avec lequel il avait tissé sur le tard des liens amicaux empreints de respect mutuel qui culminèrent à compter de 2018.
Premier chef invité, chef honoraire, titres anecdotiques lorsque l’on entend la concentration, la ligne impérieuse, le cor parfait et l’orchestre comme un orgue dont il tire les jeux en magicien. Quelle Romantique de Bruckner !, dont la battue inflexible arde le vaste vaisseau. Admirable, et d’un étiage spirituel qui ne se trouvera que chez Eugen Jochum.
Ajout majeur à une discographie pléthorique où Mahler fut préféré à Bruckner, ce qui alimente quelques regrets après une telle Romantique, après aussi les ivresses tristanesques d’une très sombre Septième Symphonie, dont le quatuor de tubas évoque un dieu caché.
Il y a du panthéisme chez cet ogre, la belle symphonie « Saga d’été » de Rued Langgaard le laisse entendre, et bien des pages de Má Vlast, dont les volets les plus âpres prennent cette couleur de plomb fondu qui ne se trouve que sous la baguette de Václav Smetáček.
La Pastorale, très contée malgré une baguette toujours inflexible, sera une surprise, mais pas assez pour rivaliser avec la hauteur de vue, l’impact physique des Bruckner, il faudrait fouiller les concerts pour en trouver d’autres…
-Artamag'