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Kathleen Ferrier à New-York : Mahler, Bach

ARIADNE5007

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Mahler : Le chant de la terre

Bach : 3 arias

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15,90 € TTC

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GUSTAV MAHLER (1860-1911)

Le chant de la terre

Kathleen Ferrier, Set Svanholm

New-York Philharmonic Orchestra

Bruno Walter (1948)

J.S. BACH (1685-1750)

3 Arias (Vergiss mein nicht, BWV 505bb - Ach, dass nicht die letzte Stunde, BWV 439bb - Bist du bei mir, BWV 508bb

John Newmark, piano (1950)

 

+ interview de K. Ferrier et B. Walter.

On sait à quel point Bruno Walter, qui avait dans l’oreille le timbre de Kerstin Thorborg et les mots de Madame Cahier, était certain d’avoir trouvé la nouvelle incarnation vocale du Chant de la terre, et en particulier de l’Abschied, en entendant le contralto d’une noire lumière de Kathleen Ferrier.

Ensemble, ils gravèrent la plus émouvante version des Kindertotenlieder qui nous soit restée, Walter Legge veillait au grain, mais pourtant, dix-neuf mois plus tôt, à New York, ils avaient tenté leur premier Lied von der Erde qui aurait fait un effet plus sidérant encore sur les discophiles.

Le long playing n’était pas encore là, et Legge avait déjà à son catalogue une autre Lied von der Erde avec Walter (et Thorborg justement, si classique qu’il ne s’est pas démodé), deux raisons pour attendre. Finalement, Walter et Ferrier l’enregistreront pour Decca et à Vienne, avec Julius Patzak, gravure légendaire et captée quasi in extremis au printemps de 1952 : le cancer emporterait Ferrier le 8 octobre de l’année suivante.

A New York, l’ombre de la mort n’est pas là, Kathleen Ferrier, éperdue du plaisir de retrouver Walter, chante avec une ardeur, un brio, une émotion à fleur de mots et surtout dans une si grande santé vocale qu’elle ne retrouvera plus si absolument rayonnante en 1952, que ce soit pour le disque ou lors du concert du 17 mai au Musikverein.

L’Abschied s’en trouve comme exhaussé, musique d’un adieu tout spirituel, rayonnant, quasi philosophique et presque stoïcien dans sa mise à distance de toute douleur, on entend dans le modelé de l’orchestre, ses drapés si fluides, combien Walter épouse le chant hors du temps de sa contralto, vraie magie d’une fusion toute spirituelle.

Alors peu importe que Set Svanholm fasse un peu trop son Siegmund, ses moyens sont toujours somptueux même s’il n’est ni Patzak ni Haefliger ; c’est pour entendre Ferrier qu’on viendra ici d’autant que le son a été miraculeusement amélioré.

Trois Bach priés (avec l’ami, le confident John Newmark), une désarmante interview de WalterArnold Michaels venu à Beverly Hills en 1956 finira par aborder le « sujet » Ferrier, complètent ce disque essentiel qu’on rangera aux côtés des versions viennoises.

Jean-Charles Hoffelé - Artamag'