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Liszt, Beethoven, Chopin, Ravel / Piotr Alexewicz, piano

NIFCCD704

Nouveau produit

FRANZ LISZT (1811-1853)

Sonate en si m

L.V. BEETHOVEN (1770-1827)

Rondo op.129

FREDERIC CHOPIN (1810-1849)

Scherzo op.31

MAURICE RAVEL (1875-1937)

Gaspard de la nuit

 

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10 Produits

16,50 € TTC

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La Sonate en si mineur est un piège, le virtuose peut s’y déboutonner, l’artiste s’y perdre. Dès les premières notes venues du silence, mais mordantes pourtant, je sais que cette Sonate là ne sera pas une fois de plus ce prétexte à toutes les outrances où le pianiste se montre avant l’œuvre.

Du haut de ses dix-huit ans (il est né avec le nouveau siècle, le disque enregistré en avril 2018), Piotr Alexewicz regarde l’œuvre d’un œil froid, lui impose ses phrasés qui tendent l’arche, fulgure ses crescendos, mais surtout fait entendre un récit infernal, donnant à l’œuvre une dimension faustienne. Le diable ironise dans ce piano, mais le pianiste tient la forme parfaite, le discours implacable, c’est d’un sacré artiste.

La vitalité si belle, si classique, de ce jeu éclate dans le Rondo a capricioso de Beethoven, emporte les bourrasques du Scherzo en si mineur de Chopin (et avec quel goût il flûte le second thème, amoroso, dans des demi-teintes opalescentes), pourrait-il tout jouer déjà, tout entendre surtout ?

L’album se referme sur un Gaspard de la nuit comme venu d’un autre monde, Ondine énigmatique, couleurs de lune dans une eau morte, piano aquatique à la limite du silence, quelle sombre merveille plein de frémissements étranges, Gibet en murmure, comme une marche silencieuse et non plus un balancement de corde, où soudain les modulations de Ravel font penser à celles du Debussy de Canope, à celui de Des pas sur la neige, Scarbo monstrueux, tenu dans un tempo leste qui fait tout entendre des fantasmagories que Ravel aura distillées entre les deux mains, quelle virtuosité sans narcissisme, qui laisse surgir cette chimère qu’Aloysius Bertrand avait cru enfermer dans son poème mais que le compositeur libéra. La coda, hypnotique, comme un ruban qui se dévide, vous saisira.