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PHILIPP GLASS (1937-) The Fall of the House of Usher, opéra La chute de la maison Usher Agrandir l'image

PHILIPP GLASS (1937-) The Fall of the House of Usher, opéra La chute de la maison Usher

OMM0138

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Jonas Hacher, Ben Edquist

Wolfo Trap Opera Artists

Inscape Chamber Orchestra

Joseph Li

2 CD

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47 Produits

30,60 € TTC

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L’opéra tiré de la nouvelle fantastique d’Edgar Poe qui a fasciné pendant un siècle dramaturges et compositeurs, a été créé en 1988 et fut l’un des plus populaires de Glass sur scène. Mais il n’avait jamais été enregistré jusqu’à ce disque interprété par le Wolf Trap Opera Artists, l’Inscape Chamber Orchestra sous la direction Joseph Li. Avec une distribution poids lourd : Jonas Hacke (Roderick Usher), Ben Edquist (William), Matthew Adam Fleisher (le serviteur), Nicholas Nestorak (le physicien), et Madison Leonard dans le rôle de Madeline Usher.

Le septième opéra de Philip Glass, composé en 1987, est un jalon important dans le parcours lyrique d’un compositeur dont le style, contrairement à ce que l’on a longtemps prétendu, n’a eu de cesse de se métamorphoser. Einstein on the beach (1976) fait figure de fondations : un petit ensemble électronique créé spécialement accompagne un chant fait de notes et de chiffres, sans dramaturgie. Le geste se fait plus ample avec Satyagraha (1983) : le petit orchestre électronique se glisse dans le grand, tandis que se profile, en sanskrit, l’envie dramaturgique. Avec un orchestre symphonique sans violons, et en égyptien ancien, Akhnaten (1985) boucle au sommet cette trilogie de type incantatoire.

The Fall of the House of Usher se situe au mitan de cette série d’ « opéras portraits » et de la Trilogie Cocteau des années 90. L’opéra de chambre tiré, par Arthur Yorinks de la nouvelle d’Edgar Poe, permet de voir comment Glass, enfin seul aux commandes d’un opéra plus traditionnel (le précédent, The Juniper Tree, avait été co-composé avec Robert Moran), va devenir progressivement un des compositeurs lyriques les plus féconds (26 titres à ce jour) de notre temps. Le synthétiseur infiltre encore un corpus classique de 12 instrumentistes mais les héros chantent enfin, avec un prégnant lyrisme, les mots d’une véritable intrigue.

Un scénario gothique en diable : manoir dans la brume dont les murs sont en pierres tombales, dialogue du végétal et de l’aqueux sous un ciel d’orage… Autre aubaine pour les metteurs en scène, il est difficile, comme chez Poe, d’identifier les motivations des deux héros masculins: le narrateur, William, rend visite, après des décennies de silence, à son ami d’enfance Roderick, dernier descendant de la famille Usher, enfermé, avec sa sœur jumelle Madeline, dans la maison ancestrale. La jeune fille décède, mais son corps, un temps conservé dans un cercueil par Roderick qui veut la soustraire à la science, reprend vie, à la grande terreur du narrateur qui finit par fuir les lieux. Les didascalies du livret ne font pas mention de l’engloutissement final de la Maison Usher mais le postlude orchestral de Glass pourra aider les metteurs en scène désireux de ne pas se priver de ce moment-phare de la nouvelle.

La partition, très sombre, à peine diaprée d’une guitare et d’une boîte à musique, ciselée par l’Inscape Chamber Orchestra sous la baguette de Joseph Li, fait merveille dans la peinture d’un décor et d’une intrigue qui ne verront jamais la lumière. Exceptés le Prologue, la scène 5 du I, la scène 1 du II, The Fall of the House of Usher n’atteint pas encore les climax, la constance d’inspiration de la future Trilogie Cocteau (et notamment La Belle et la bête). L’enregistrement a vu le jour à la faveur de la reprise de l’oeuvre par le Wolf Trap Opera en 2017. La prise de son (réalisée en studio) est superbe, qui place idéalement au sein de la toile orchestrale, les cinq chanteurs finement élus par la production : Jonas Hacker et Ben Edquist, respectivement ténor et baryton, délivrent un dialogue ému autour de la Madeline troublante de Madison Leonard, ectoplasme vocal échappé du Bed d’Einstein, pour qui Glass n’a prévu que des voyelles. L’oeuvre (1h25) est peu bavarde, les mots laissant régulièrement la part belle à la mélancolie orchestrale du compositeur, parfaitement adaptée à l’atmosphère délétère de cette Nouvelle histoire extraordinaire.. RES MUSICA