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The Art of Ataulfo Argenta (1913-1958) Agrandir l'image

The Art of Ataulfo Argenta (1913-1958)

SC815

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Enregistrements 1951 -1958

Coffret 22 CD

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17 Produits

35,75 € TTC

Fiche technique

SupportCD

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Preludios e Intermedios de Zarzuelas by:

Chapí, Soutullo, Vives, Carné, Chueca, Torroba, Lleó

Preludios e Intermedios de Zarzuela by:

Giménez, Alonso, Caballero, Bretón, Serrano, Turina, Chapí, Guridi

Guridi: Diez melodías vascas

Bretón: Escenas andaluzas, En la Alhambra, Bolero de Concierto, La Dolores

Rodrigo : Concierto de Aranjuez - Narciso Yepes, guitare

Concierto de estío - Christian Ferras, violon

de Falla : Noches en los jardines de España (Live) Gonzalo Soriano, piano

El Retablo de Maese Pedro

Concierto de ClavecÍn - R. Veyron Lacroix, clavecin

El amor brujo - Ana María Iriarte, mezzo-soprano

El Amor Brujo (Concerto version) (Live), El Sombrero de Tres Picos

3 dances from El Sombrero de Tres Picos (Live)

Ravel: Alborada del gracioso, Ma mère l'Oye, Rapsodie espagnole, Pavane pour une infante défunte

Debussy : Images

Granados : Andaluza, Goyescas

Chabrier: España

Moszkowski: Spanish Dances

R. Strauss: Till Eulenspiegel (Live), Don Juan (Live)

Liszt: A Faust Symphonie, Concerto pour piano No.1 & No.2 - Julius Katchen, piano, Les Préludes

Berlioz: Symphonie fantastique

Rimsky-Korsakov: Capriccio Espagnol

Smetana: La Fiancée vendue, Ouverture (Live)

Weber: Oberon, Ouverture (Live)

Beethoven: Symphonie No.3 "Eroica" (Live)

Brahms: Symphonie No.2 (Live), Concerto pour violon(Live) - Yehudi Menuhin, violon

Tchaikovsky: Symphonie No.4 (Studio & Live versions), Concerto pour violon- Alfredo Campoli, violon

Turina: Danzas fantásticas, Sinfonía Sevillana

Albéniz: Iberia Suite (2 versions), Navarra

Escudero: Concierto Vasco para Piano y Orquesta - Martín Imaz, piano

Mozart, Beethoven & Brahms: Sonaqtes pour violon et piano (Live), Arthur Grumiaux, violon; Ataulfo Argenta, piano

Schubert: Symphonie No.9 "The Great"

Haydn: Symphonie No.92 "Oxford"

Mendelssohn: Symphonie No.3 "Scottish" (Live)

J. S. Bach: Concerto Brandebourgeois No.4

Stravinsky: Pulcinella Suite (Live)

Halffter: Sinfonietta

Ohana: Llanto por Ignacio Sanchez Mejías, Sarabande pour Clavecin and Orchestra - Denyse Gouarne, clavecin

 

Gran Orquesta Sinfónica

Orquesta Nacional de España

Orchestre National de France

Orchestre des Cento Soli

Orchestre de la Suisse Romande

London Symphony Orchestra

Orchestre de la Société des Concertes du Conservatoire

London Philharmonic Orchestra

Sinfonieorchester des Bayerischen Rundfunks

Wiener Symphoniker

Ernest Ansermet essuya les foudres du destin par deux fois : ses successeurs désignés, Christian Vöchting et Ataúlfo Argenta périrent trop jeunes dans les premières années de leurs carrières internationales. Vöchting eut à peine le temps d’enregistrer quelques disques – dont une stupéfiante Deuxième Symphonie de Sibelius -, Argenta, qui suscita dès ses jeunes années par sa taille de torero et son physique élégant un engouement dans son Espagne natale, aura construit une discographie plus abondante, commencée au début des années cinquante pour le label Alhambra avec un stupéfiant album Falla. Robert Veyron-Lacroix se joignait aux souffleurs de l’Orchestre National d’Espagne pour le plus solaire, le plus heureux des Concerto de clavecin, mais c’est au revers du disque que figurait la perle : la version idéale – même avec un orchestre sensiblement augmenté – des Tréteaux de Maître Pierre, avec le Truchement endiablé de Julita Bermejo.

Scribendum publie ces deux gravures d’après d’excellentes sources – l’unique autre proposition en CD (Vocacion Records) affichait un son déplorable – et ne se prive pas d’assembler ici tout ce qui aura été réédité ailleurs, la plupart du temps supprimé des catalogues. Il ajoute même au chapître des inédits en CD l’émouvant disque Ravel où l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire sous un nom d’emprunt volontairement immodeste (Orchestre des Cento Soli) offre à Argenta une pure poésie de timbres : cette version de la suite de Ma Mère l’Oye fait regretter que le reste du programme (Pavane, Rapsodie, Alborada) célèbre l’Espagne du chef alors que j’aurais tant voulu entendre La Valse, Le Tombeau de Couperin et tout Daphnis et Chloé selon Argenta.

Decca prit un peu trop tard le jeune homme sous sa protection. Des Images de Debussy avec l’orchestre d’Ansermet sont demeurées impérissables, pas loin de retrouver l’ardeur décantée de celles d’un Pierre Monteux à Londres, un disque de pur brio avec le LSO sacrait le rythmicien impeccable, une brassée de gravures avec la Société des Concerts du Conservatoire culminait dans une Faust-Symphonie de Liszt, d’un lyrisme dévastateur.

Mais cet abondant coffret aux reports toujours soignés ressuscite également les premiers disques espagnols, dont un Tricorne abrégé et les admirables Goyescas transformées en opéra où brillent Consuelo Rubio et Ana Maria Iriarte.

Au chapitre Falla, vous trouverez aussi les meilleures Nuits dans les jardins d’Espagne (avec celles d’Eduardo del Pueyo et de Jean Martinon), où le génial Gonzalo Soriano se surpasse, et un Amour sorcier incandescent avec Iriarte, plus gitane qu’aucune des cantaoras qui s’y sont risquées depuis.

Les concerts permettent de découvrir l’autre visage de l’art d’Argenta, le grand répertoire romantique allemand. Il ne faut pas oublier que, pianiste d’abord, parti étudier en Allemagne, le jeune homme fut incité par Carl Schuricht à troquer le clavier pour la baguette.

Sa Deuxième de Brahms (avec le National), son admirable Ecossaise de Mendelssohn (avec les Wiener Symphoniker), son Eroica (avec le National d’Espagne), ses Till et Don Juan de Strauss sont irrésistibles, tout comme la 9e de Schubert, cette fois pour le disque et avec les Cento Soli.

Deux 4e Symphonies de Tchaïkovski en concert et pour le disque avec l’OSR confirment l’omniscience de ce génie trop tôt disparu, dont l’art à la pointe sèche éclate dans la Suite de Pulcinella de Stravinski ou dans le Llanto por Ignacio Sanchez Mejias de Maurice Ohana. Cet orchestre aussi dessiné que peint rappelle derrière l’art du chef celui du pianiste que l’on peut aussi entendre en récital avec Arthur Grumiaux ; écoutez leur Sonate K. 378 de Mozart qui ouvre le récital donné au Festival de Besançon le 6 septembre 1955.

Parution majeure d’un ensemble unique jusque-là dispersé et surtout incomplet.

Jean-Charles HOffelé - Artamag'