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ROSALIE DUBOIS

987032

Nouveau produit

 Couleur & Vernis

parution le 29 avril 2019
 

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6 Produits

11,25 € TTC

Fiche technique

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01 Couleurs et vernis   2’ 13   Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
02 La feuille d’impôts   2’ 15   Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
03 La Charcutière et l’exégèse   1’ 57 Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
04 Le chercheur de la vérité   2’ 10 Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
05 Fleuriste   2’ 07    Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
06 Café-restaurant-billard   2’ 19  Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
07 Le marchand de glaces   1’ 43  Pierre Mac Orlan – Bernard Ascal
08 Aux hommes de plus tard   2’ 34  Eugène Guillevic - Marie Philippe-Gérard
09 La grève du rêve   3’ 21  Béart Guy - Guy Béart
10 Les fusils d’argent   2’ 22   Fanon Maurice - Gérard Jouannest
11 Vincennes Neuilly    2’ 42  Maurice Fanon - Gérard Jouannest
12 Les couleurs du temps   2’ 35  Guy Béart - Guy Béart
13 Les larmes se ressemblent    2’ 34 Louis Aragon - Yani Spanos
14 Faut vivre   3’ 51    Marcel Mouloudji - Chris Carol
15 Amour    2’ 35   Paul Eluard - Yani Spanos
16 L’écharpe   3’ 09    Maurice Fanon - Maurice Fanon
17 Maladie de jeunesse   3’ 29  Bernard Dimey - Francis Lai
18 La romance - Avec la gueule que j’ai    2’ 55 Bernard Dimey - Francis Lirola
19 Les plafonds   2’ 25   Bernard Dimey - Gaby Wagenheim
20 Le pied   2’ 42    Bernard Dimey - Henri Salvador
21 Accordéon   2’ 12    Serge Gainsbourg – Serge Gainsbourg
22 C’est pas demain   2’ 10   Bernard Dimey - Jean Bertola

Qu’en est-il de la jeune poissonnière de la rue Lepic des années soixante ? Elle se nomme Rosalie Dubois. L’image de la «poissonnière » est abondamment exploitée par les maisons de disques et les médias de l’époque mais, dans les faits, il ne s’agit que d’un job intérimaire pour contribuer aux frais de ses études car elle s’apprête à devenir magistrate. Pour relever un pari, elle participe, en 1959, à un radio-crochet qu’elle remporte haut la main et la voilà instantanément propulsée dans le monde de la chanson à la surprise générale dont la sienne n’est pas la moindre.  À contre-courant de la déferlante yéyé, elle interprète des chansons héritières de la tradition « réaliste » en usant de l’accordéon comme instrument-roi. Parmi les succès qu’elle accumule les titres Parce qu’un air d’accordéon et Cherbourg avait raison deviennent-ils respectivement « Coq d’Or 1960 » et « disque d’or » avant qu’un destin contraire ne s’en mêle sous la forme d’un grave accident qui interrompt brusquement sa carrière en 1962.
 
Mais revenons à la rue Lepic et à la poissonnière étudiante. C’est à son étal qu’elle se lie avec deux autochtones du quartier : Bernard Dimey et Pierre Mac Orlan.  Du premier, elle enregistrera très vite des chansons, ainsi, La romance, dès 1960 mais aucune du second bien que Pierre Mac Orlan ait loué le « talent de cette chanteuse très sûre des ressources de son art », et qu’il précise que « Gérard de Nerval, quand il parlait des grandes fillettes de Montmartre, constatait qu’elles avaient l’œil fier. C’est en pensant à Gérard de Nerval que je situe  notre chanteuse tout de suite adoptée par Montmartre et ses dominions qui s’éparpillent à travers le monde ».
 
Si Rosalie Dubois est une poissonnière d’occasion, elle est, par contre, une bretonne grand teint, autrement dit une obstinée. Soixante années d’attente avant de concrétiser son intention d’interpréter Pierre Mac Orlan n’est pas pour elle un obstacle.  C’est la découverte, une année auparavant, de dix-neuf poèmes inédits en chansons que je venais de faire paraître sous le titre Pâtisseries mécaniques qui, en 2017, met le feu aux poudres. Elle décide d’interpréter quelques unes de ces nouvelles chansons plutôt que de puiser dans celles enregistrées jadis par Juliette Gréco, Monique Morelli ou Francesca Solleville. Elle choisit donc cinq titres auxquels je lui propose d’ajouter deux créations : Fleuriste ainsi que La charcutière et l’exégèse. Clin d’œil à notre amitié, nous interprétons ensemble trois chansons.
 
À ces sept plages qui constituent le crû 2018 — n’oublions pas que Rosalie Dubois s’est lancée avec fougue dans cette aventure alors qu’elle vient de fêter son quatre-vingt-cinquième  anniversaire —, nous avons associé des interprétations anciennes qu’elle a donné de Bernard Dimey, Maurice Fanon, Guy Béart, Louis Aragon, Eugène Guillevic, Paul Eluard, Serge Gainsbourg, de manière à constituer un ensemble où l’appartenance à la chanson est synonyme d’exigence littéraire.  
 
Bernard Ascal, 11 janvier 2019