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Guillaume Coppola / Musiques du Silence

EL1857

Nouveau produit

Mompou, Satie, Ravel, Debussy, Dutilleux, Scriabine, Takemitsu, Granados

Guillaume Coppola, piano

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11,58 € TTC

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Federico Mompou (1893 – 1987)

Música Callada, n°01 : Angelico

Música Callada, n°15 : Lento - plaintif

Música Callada, n°22 : Molto lento e tranquilo

Música Callada, n°24 : Moderato

Prélude n°5

Prélude n°7 : Palmier d’étoiles

Paisajes, n°01 : La fuente y la campana

Paisajes, n°02 : El lago

Paisajes, n°03 : Carros de Galicia

Impresiones intimas, n°3 : Secreto

Maurice Ravel (1875 – 1937)

Prélude

Erik Satie (1866 – 1925)

Gymnopédie n°1 & Gnossienne n°5

Henri Dutilleux (1916 – 2013)

Prélude n°1 : D’ombre et de silence

Alexandre Scriabine (1871 – 1915)

Prélude op.11 n°15 & Prélude op.16 n°4

Frédéric Chopin (1810 – 1849)

Prélude op.28 n°4

Toru Takemitsu (1930 – 1996)

Pause ininterrompue, n°3 : A song of love

Claude Debussy (1962 – 1918)

Suite bergamasque : Clair de lune

Prélude du 2 livre : Feux d’Artifice

Enrique Granados (1867 – 1916)

Danzas españolas n°2 : Orientale

Provocation ? Défi ? Exercice de style

Pour Mompou, rien de tout cela. À rebours de son siècle, et plus encore du nôtre, il considérait pourtant ce recueil comme son œuvre la plus aboutie. Ici, son univers tient de la démarche mystique qu’il construit autour d’une des strophes du Cantique Spirituel de San Juan de la Cruz : « La noche sosegada / En par de los levantes de la aurora / La música callada / La soledad sonora » (La nuit apaisée par l'éveil de l’aurore, la musique qui s'est tue, la solitude sonore). Et il cherche alors à exprimer : « l’idée d’une musique qui serait la voix même du silence. La musique gardant pour soi sa voix « callada », c’est à dire « qui se tait » pendant que la solitude se fait musique ».

 

Partant de cet univers si fascinant, j’ai souhaité, dans ce programme, le mettre en miroir avec d’autres musiques du silence. Soit en choisissant des œuvres de compositeurs dont Mompou avait lui-même revendiqué l’influence, soit en y associant librement des pièces m’apparaissant s’appeler entre elles. Dans cette recherche, certains diptyques ont émergé spontanément : la 15ème Música Callada est à l’évidence une transfiguration du 4ème Prélude de Chopin, des motifs de Satie semblent renaître étrangement dans Secreto... Puis, le passionnant compagnonnage avec Mompou m’a conduit à d’autres rapprochements plus subtils : comment ne pas entrevoir dans certains de ses morceaux les accents post-romantiques de Scriabine, ou des grappes d’accords résonants de Dutilleux, les couleurs diaphanes de Debussy ou encore les jeux de lumières de Ravel ? Il s’agissait ensuite de construire, d’assembler. Les enchaînements dans la même tonalité ou sur une même harmonie, une même couleur ont été travaillés pour que toutes ces œuvres se combinent, s’entrecroisent, tissent un fil ininterrompu et entrent alors en résonance entre elles, plaçant ainsi l’auditeur sur l’orbite d’une seule et même musique, d’un même silence fécond. Après ce long secret murmuré à l’oreille, deux partitions émergent brillamment de la « solitude sonore ». Ces deux préludes organisent un retour poétique à une réalité éclatante, avec la flamboyance des Feux d’Artifice et Palmier d’étoiles, son double métaphorique. Enfin, un adieu en forme de bis... une image évidente, mais surgie de manière inattendue pendant cet enregistrement. Celle du magnifique ballet de Jean-Christophe Maillot Dov’e la luna, accompagné sur scène par Hervé Billaut au piano. Le prélude op.11 n°15 de Scriabine concluant cette quête de sept danseurs en transit : « la lune est ce lieu de passage, entre la vie et la mort - entre la mort et la vie, ce lieu où se prépare une seconde naissance. » Un sublime épilogue, une autre forme de silence...

-        Guillaume Coppola