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ALEXIS AVAKIAN

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Miasin

C’est le troisième disque d’Alexis Avakian avec cette même équipe de choc : Mauro Gargano, Fabrice Moreau, Ludovic Allainmat, Artyom Minasian. Que ce soit sur scène  à l’écoute du disque, on les sent incroyablement unis et soudés. Ils avancent ensemble (c’est la signification du mot arménien miasin).  
 

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Ensemble, mais pour évoluer. Car si le disque est dans le droit fil de Hi dream, paru en 2016 et salué par la critique, il s’est enrichi de nouvelles couleurs. Commençons par ce qui marque la continuité avec les deux disques précédents : on retrouve ici ce mélange original (et en fait unique) de jazz irrigué de culture arménienne avec un équilibre subtil entre tous ces éléments. On est vraiment dans le jazz, pas dans la dans la musique folklorique, et cependant les ambiances arméniennes existent pleinement et sans être édulcorées. On peut entendre un solo de duduk suivi d’un solo de piano swingant à la Red Garland sans que l’on ait l’impression d’une collision entre deux univers.   
 
Cet équilibre dans le son de groupe vient de la relation qui s’est progressivement établie entre tous ces musiciens. Artyom Minasian, au duduk ou au chevi (flûte traditionnelle) donne évidemment une coloration arménienne très forte. Il est bouleversant comme jamais sur ce disque. Ce qu’il fait au début de Yerevanadzor arracherait des larmes à un directeur de ressources humaines. Avec lui, dès la première note, on est dans l’émotion pure. Minasian et son duduk pour le pôle arménien, et pour le pôle jazz le batteur Fabrice Moreau (vif, inventif, virevoltant, écoutez ce qu’il fait dans Yaoundé le premier morceau)  et le pianiste Ludovic Allainmat, (au toucher perlé et délicat, avec cette vibration de swing dans la tradition des grands maîtres). Et deux musiciens pour faire les passe-murailles entre ces deux univers : Mauro Gargano, d’une présence impressionnante, qui sait avec une ronde ou une blanche remplir l’espace, et Alexis Avakian lui-même, à la composition, au sax ténor ou à la flûte. On retrouve ici le compositeur inspiré de Boulevard des grands Pins sur son précédent disque avec encore de splendides réussites, Yerevanadzor, Yahoundé, le rôle est beau (anagramme, évidemment de Boléro). Avakian a vraiment trouvé un truc à lui, une sorte de mélancolie qui réchauffe, avec là encore un bel équilibre entre la sensibilité et l’énergie, et une utilisation assez magistrale des unissons (par exemple dans Miasin). Comme instrumentiste, il a gagné en densité. Son chorus dans Yaoundé le prouve, avec une ambiance méditative et recueillie très coltranienne. J’ai parlé de la continuité. Ce qui est nouveau, sur ce nouvel opus, c’est la présence du chanteur arménien Miqayel Voskanian dont on peut entendre la voix suave, souple, si prenante dans les aigus (par exemple dans Improvisation pour Julien). Cette voix se fait naturellement  une place au milieu d’instrumentiste comme Avakian et Minasyan qui chantent à travers leur instrument. La présence du tar arménien (sorte de luth à manche long) apporte aussi de belles couleurs (on appréciera le beau dialogue entre le tar et la batterie de Fabrice Moreau sur Gugo’s joke). Ce qui est nouveau, également, c’est la capacité à tester des formes plus spontanées. Ici le groupe nous emmène là où on ne l’attendait pas, comme dans Circus ou Improvisation pour Julien une des très belles réussites du disque. Ces morceaux attestent la maturité du groupe, et sa confiance dans les réflexes de chacun. On en revient au titre du disque, Miasin. Tout le secret est là. Ces musiciens sont définitivement ensemble.  JF Mondot
 
1-  YAOUNDE  4:34 2- ERZEROUMI SHOROR  5:37 3- LE ROLE EST BEAU  7:14 4- WAYNE THE SAINT  4:47 5- YEREVANADZOR  7:03 6- CIRCUS  1:29 7- GUGO'S JOKES  6:34 8- OSTUNI-NOSTRUNI  7:16 9- IMPROVISATION POUR JULIEN  3:28 10- INTERLUDO  1:10 11- MIASIN  6:07