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Antonio Santana / Miroirs de femmes

EROL200050

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« Il est incroyable de voir comment la musique d’Antonio touche immédiatement le public […]

Il est incontestablement le grand successeur de Villa Lobos. »

-        Isabelle Sabrie, soprano lyrique, laureate pour la France du concours Placido Domingo

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68 Produits

13,25 € TTC

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Norah Ansellem

Patricia Ciofi

Delphine Haidan

Ivan Mula

Michelle Canniccioni

Marion Lebègue

Blerta Zhegu

David Lefèvre

 

Anton Martynov, violon

Jean-François Verdier, clarinette

Kira Parfeevets, piano

C’est la pianiste Kira Parfeevets qui m’a fait découvrir l’univers musical d’Antonio Santana alors que, en matière de compositeurs brésiliens, j’en étais resté à Heitor Villa-Lobos ou Antonio Carlos Gomes. Et j’ai été d’emblée emporté par le vent profond qui jaillit de l’écriture musicale d’Antonio Santana, qui jaillit de son âme. J’ai commencé par écouter La voix de l’Amazonie ou la Suite brésilienne, pour violon et piano : un lyrisme fertile s’y déployait, une joie, une frénésie, une immense sensualité aussi. Il y avait à l’intérieur de cette musique des arbres et des vagues, du rouge et du violet profond.

         Mais en même temps, il s’y dessinait, en creux, un appel à la voix, cette voix qui a toujours été, dit Antonio Santana, « un objet de fascination, instrument invisible et difficile à dompter ». Le voici, avec ce disque, pleinement dans son élément – c’est-à-dire dans sa matière originelle, la voix. La musique y est toujours portée par un souffle immense, venu de très loin, d’avant les mots même, flux fondamental débordant de l’être de chair. Surtout la voix, les voix qui se croisent là, se tressent et se nouent pour former un grand tapis vocal qui déroule comme une fresque hantée par les femmes. Adolescent, Antonio Santana a entendu un des plus beaux airs d’opéra français, cet aveu brûlant de Dalila dans le Samson et Dalila de Saint-Saëns, « Mon cœur s’ouvre à ta voix », et il s’y est reconnu : son cœur s’est définitivement ouvert à la voix. Composant sans se préoccuper jamais de suivre une norme ou quelque diktat imposé par les modernités autoproclamées, il laisse s’épanouir son style en chevalier de la beauté, sachant faire écho à Baudelaire, Verlaine et quelques autres, pourvu que les mots et les notes fassent l’amour avec ardeur. Poésie, sons, rythmes, tout se mêle ainsi dans un grand embrassement, un fleuve de musique vibrante, vivante, dont la source est l’âme d’Antonio Santana.

         Et puis surtout, comme Mozart, comme Saint-Saëns, comme Richard Strauss, Antonio Santana sait faire chanter les femmes : parce qu’il les aime et qu’elles le sentent. Ecoutez ces trames subtiles, ces montées chromatiques qui disent le désir, ces souffles longs, sensuels, ces couleurs profuses, l’exubérance de cette musique comme un jardin d’odeurs subtiles : elles sont là, ces magnifiques chanteuses, offrant leurs nudités intérieures à ces superbes mélodies – car une femme qui chante, qui montre le verso de sa peau, est d’autant plus émouvante que la ligne qui l’exprime est vraie. Oui, les femmes réunies ici en un irrésistible bouquet vocal autour d’Antonio Santana disent la vérité et montrent qu’une musique qui creuse au fond de l’esprit féminin peut non seulement toucher les oreilles mais surtout le cœur des hommes.

Alain Duault