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L’art de Walter Barylli

SC806

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Paul Doktor (alto) - Franz Koch (cor) - Hilde Gueden (soprano)

Paul Badura-Skoda, Franz Holetscheck, Otto A. Graef (piano)

 

Wiener Philharmoniker,

Alberto Erede

 

Vienna State Opera Orchestra,

Felix Prohaska & Hermann Scherchen

5 CD

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5 Produits

15,75 € TTC

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

Violin Sonatas

Nos.20 in E flat major, K.58 (Anh. C23.04)

[dubious attribution]

No.17 in C major, K.296

No.25 (18) in G major, K.301 (293a)

No.28 (21) in E minor, K.304 (300c)

No.29 (22) in A major, K.305 (293d)

No.32 (24) in F major, K.376 (374d)

No.33 (25) in F major, K.377 (374e)

No.35 (27) in G major, K.379 (373a)

No.37 (29) in A major, K.402 (385e)

[completed by Abbé Maximilian Stadler]

No.40 (32) in B flat major, K.454

[for Regina Strinasacchi, violinist]

No.41 (33) in E flat major, K.481

Sinfonia concertante in E flat major, KV.364 (320d)

Aria: “L'amerò, sarò costante” from Il Re Pastore

Fryderyk Franciszek Chopin (1810-1849)

Nocturne in E flat major, Op.9-2 [arr. Sarasate]

Henryk Wieniawski (1835-1880)

Scherzo Tarantelle in G minor, Op.16

Antonín Leopold Dvořák (1841-1904)
Humoresque No.7 in G flat major, Op.101-7
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Violin Concerto No.1 in A minor, BWV1041
Violin Concerto No.2 in E major, BWV1042
Johannes Brahms (1833-1897)
Horn Trio in E flat major, Op.40
Leoš Janáček (1854-1928)
Violin Sonata
Dumka for violin and piano [1880]
Pyotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893)
Canzonettain G minor
[from Violin Concerto in D Op.35, 2nd mov. Andante]
Niccolò Paganini (1782-1840)
Sonata "a Preghiera";
Variations for the fourth string on the theme
"Dal tuo stellato soglio" from Mosè in Egitto, Rossini
Jules Émile Frédéric Massenet (1842-1912)
Méditation from Thaïs
Foster/Reuter/Graef
Swanee River “Old Folks at Home

Le 16 juin dernier, Walter Barylli fêtait ses quatre-vingt-seize printemps, toujours alerte, mémoire vivante des Wiener Philharmoniker dont il fut si longtemps le Konzertmeister. L’imposant héritage discographique qu’il laissa en soliste ou en tant que primarius du quatuor qu’il refonda à la sortie de la guerre, commencé au temps du 78 tours, aura connu son apogée au cours des années cinquante lorsque Westminster l’enregistra d’abondance, en soliste ou en quatuor.

Cette somme reparait aujourd’hui en deux passionnants coffrets, l’un dédié à son quatuor, l’autre aux gravures solistes avec orchestre – une fabuleuse Symphonie concertante de Mozart avec Paul Doktor et Felix Prohaska – ou en sonate avec le jeune Paul Badura-Skoda.

L’album des gravures en soliste remonte jusqu’aux 78 tours berlinois de 1936 : quinze ans et l’archet du bon Dieu, que ce soit pour la Méditation de Thaïs, la Canzonetta de Tchaïkovski ou le Scherzo-tarentelle de Wieniawski, et déjà ce style inimitable, si moderne pour son époque.

Lorsque vingt ans plus tard, il est rejoint par Paul Badura-Skoda dans une anthologie de Sonates de Mozart, l’archet s’est madré, le son est plus fruité, plus chanté, il a dans l’oreille les sopranos de l’opéra de VienneSchwarzkopf, Seefried, Gueden à laquelle son violon donne la répartie dans « L’amero, sara costante », Jurinac qu’il accompagnera avec son quatuor pour Il Tramonto de Respighi – et respire en chanteur. C’est merveille à force de simplicité, de pure poésie, l’esprit de Vienne y fleurit dans une sorte de bonheur tendre absolument contagieux.

On retrouve ces couleurs inimitables, cet esprit volatile et profond, ce style comme venu d’un autre temps où pas une corde ne semble montée en fer dans l’abondante héritage de son quatuor, établi au Musikverein de Vienne. Il régna sur le monde du quatuor viennois à égalité avec une autre formation tout aussi légendaire, le Wiener Konzerthaus Quartett emmené par Anton Kemper. Mais là où Kemper et ses amis prônaient un style plus classique, Walter Barylli et ses alter égos des Philharmoniker demeuraient absolument romantiques, de jeu, de style, de ton.

Leur intégrale des Quatuors de Beethoven est un jalon essentiel de la discographie de cette somme, l’esprit du compositeur semble s’y incarner tout entier, l’élan, la liberté des phrasés des quatre amis surprend toujours autant, mais l’esprit souffle tout autant d’ailleurs que dans leurs Mozart, avec peut-être un supplément de génie lorsque pour quatre Quintettes, le génial altiste Wilhelm Hübner les rejoint ; mais comment ne pas enrager devant les autres Quintettes et surtout les Quatuors15 à 19 – qui manquent.

En quintette ou en quatuor avec les pianistes – Edith Farnadi pour Dvořák, Jörg Demus pour Brahms, Schubert, Schumann, ou Franz Schmidt – ils brillent comme un petit orchestre, et y atteignent parfois lorsqu’ils se lancent dans une savoureuse Sérénade “Posthorn” de Mozart ou dans un coruscant Concertino de Janáček (avec au piano Camillo Öhlberger), surprise absolue de leur héritage discographique. Dommage qu’ils ne nous aient pas fait les Quatuors, alors guère courus en dehors de Tchéquie, même à Vienne.

Mais s’il y a une de leurs gravures à laquelle je reviens sans cesse, c’est bien ce Tramonto de Respighi où le violon de Walter Barylli respire avec le soprano ambré de Sena Jurinac, magie absolue. Essayez seulement.

Ces deux coffrets infiniment précieux conservent l’esprit d’une Vienne éternelle.

Jean-jacques Hoffelé - Artamag'