Lettre d'informations

Labels

Nouveaux produits

L’Ars de’ Sonadori » Agrandir l'image

L’Ars de Sonadori

LIDI0301309

Nouveau produit

6 violons renaissance de la basse au soprano

De Venise à la Chapelle des Ducs de Bavière

Ensemble Les Sonadori, Odile Edouard

Plus de détails

31 Produits

13,25 € TTC

Fiche technique

SupportCD

En savoir plus

Les instruments de la famille des violons, au XVIe siècle, jouaient en groupes de 3 à 6 instruments de tailles différentes (de la basse au dessus) appelés à Venise “Sonadori nuovo” (joueurs de nouveaux instruments) en opposition aux ensembles d'anciens instruments en vogue au XVe siècle (luth, harpe et ville). C'est dans la ville des Doges, à partir de 1530, que les confraternités appelées Scuole Grandi, engagent, l'une après l'autre, un Concerto di violini. A San Rocco, les frari souhaitaient stabiliser l’emploi de leurs six violons à l’aide d’une sorte de contrat à durée indéterminée et un salaire correct. En échange, les Sonadori nuovi s’engageaient à élever le plus possible le niveau culturel de leurs sources musicales et à éviter les pièces d'origine profane trop sensuelles - en 1550, une loi promulguée par le Concile de Trente vient interdire les madrigaux « lascifs et amoureux » pendant les offices ! Violes et violons se propagent entre 1495 et 1520 dans les cours princières et papale italiennes (familles d’Este à Ferrara, Gonzaga à Mantova etc.) et sous l’impulsion humaniste, la viole de gambe est jouée par les nobles, en position assise, dénommée « da gamba » (de jambe) alors que les violons sont joués par des groupes de professionnels, au service de ces mêmes familles, qui ne peuvent donc s’assoir quand les codes de la hiérarchie ne les y autorisent pas et sont ainsi dénommés « viole da braccio » (violes de bras).

Chaque ville du nord de l'Italie de moyenne ou grande importance compte alors au moins un de ces ensembles de violons qui jouent pour les réceptions des nobles, les bals princiers, les processions religieuses ou même profanes, le passage dans la ville d'un haut dignitaire, les négociations politiques entre personnages influents - parfois transformées en joutes musicales dans un affrontement de forces culturelles représentatives du pouvoir. Une des rares représentations picturales d'ensemble de violons qui nous soient parvenues représente Roland de Lassus entouré des musiciens du Duc Albrecht V de Bavière, parmi lesquels, il est possible de reconnaître l'ensemble "Morari" originaire du nord de l'Italie qui était à son  service à Munich vers 1570. Grâce aux travaux des imprimeurs pionniers comme Ottavio Petrucci à Venise, à Pierre Attaignant qui se lance à Paris en 1528, ou à Jacques Moderne qui débute à Lyon en 1532, il nous est possible de retracer l'évolution de ces pratiques instrumentales. D’autres sources nous sont fournies par des manuscrits du XVIe siècle retrouvés dans des bibliothèques européennes, dont la lecture nous permet d'entrevoir la pratique d'un répertoire qui n’était pas toujours noté et souvent emprunté au répertoire vocal. Dans tous les cas, la musique était connue de mémoire par ces ménétriers, qui devaient, à la manière d'un "violoneux", être capable de jouer les "standards" (sans partition) toute une soirée.