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ANTOINE-ESPRIT BLANCHARD (1696-1770) Magnificat à la Chapelle Royale Agrandir l'image

ANTOINE-ESPRIT BLANCHARD (1696-1770) Magnificat à la Chapelle Royale

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Magnificat à la Chapelle Royale

Magnificat (1741) | De Profundis (1740) | In exitu Israël (1749)

 

Anne Magouët, dessus | François-Nicolas Geslot, haute-contre,

Bruno Boterf, taille | Alain Buet, basse

Chœur de chambre les éléments (dir. Joël Suhubiette)

Orchestre Les Passions

Jean-Marc Andrieu

 

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161 Produits

13,75 € TTC

Fiche technique

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Ce CD fait découvrir trois motets à grand chœur d’Antoine-Esprit Blanchard : le De Profundis (1740), le Magnificat (1741) et In exitu Israël (1749), dont deux en première mondiale. Ces grandes pièces, tout à la fois empreintes de noblesse et de théâtralité, alternant faste des chœurs et intimité des récits, donnent un aperçu fidèle de la musique pratiquée et appréciée à la chapelle de Louis XV, dans la tradition du grand motet français instaurée par Louis XIV.

Compositeur méridional qui, à l’instar de Jean Gilles, fut élève de Guillaume Poitevin et quitta Aix-en-Provence pour faire carrière, Antoine-Esprit Blanchard fut successivement maître de chapelle des églises ou cathédrales de Marseille, Toulon, Besançon et Amiens avant d’être nommé en 1742 sous-maître de la Chapelle Royale de Versailles, sous les recommandations de son ami Campra. Très apprécié de Louis XV, il sera anobli en 1764, et c’est en 1768 qu’il dirigera la Chapelle Royale pour la dernière fois à l’occasion des funérailles de la reine Marie Leczinska. Il meurt en 1770 à Versailles.

Son œuvre, conservée à la Bibliothèque Nationale, consiste en une quarantaine de grands motets, pour la plupart composés à Versailles. On y dénote une grande capacité d’évolution ou d’adaptation stylistique qui le faisait considérer comme l’un des meilleurs compositeurs du royaume. La renommée de ses illustres contemporains Rameau, Campra ou Mondonville explique certainement qu’il n’ait pas encore été considéré à sa juste valeur.

Un grand motet de pur théâtre, où la fuite d’Égypte du Peuple d’Israël est narrée par sa suite de prodiges, était-ce Mondonville ou Rameau qui l’avait composé ? Entendant sur les ondes de France Musique sa vraie ouverture avec fifres, tambours et trompes, j’en fus saisi alors même que son interprétation était des plus sommaires. La dés-annonce éclaircissait tout : compositeur Antoine-Esprit Blanchard, un des musiciens de la Chapelle de Louis XV, méridional comme Mondonville et Campra, dont Jacques Grimbert avait révélé voici des lustres deux motets, mais pas celui-ci exhumé par un modeste ensemble versaillais. C’était il y a dix ans. Ce coup d’éclat resta sans suite, les formations baroques françaises préférant s’en tenir à Charpentier ou Rameau.

Quel bonheur de voir enfin Jean-Marc Andrieu et ses Passions offrirent au compositeur de Pernes-les-Fontaines un nouvel album monographique. Cette fois, le style du chant (avec le latin en prononciation française) et les couleurs des instruments y sont, au point qu’écoutant les versets descriptif d’In exitu Israël, avec leur omniprésence de musique descriptive où la nature tonne ou charme, on croit vraiment être en face du chef-d’œuvre d’église que Rameau aurait dû écrire, lui que l’église guindait. C’est tout son orchestre qui éclate sous la plume de Blanchard, et même son théâtre qui entre à la Chapelle de Versailles, impérieux, définitif. Quel dommage que ce coup de génie n’ouvre pas le disque.

Le Magnificat et le De Profundis, inédits au disque, étonnent par leur maîtrise et leur invention, moins immédiatement saisissant que le grand déploiement du motet de 1749, mais quelle musique là encore ! Ressuscité dans le cadre du Festival de Radio France et Montpellier et enregistré sur le vif, j’espère bien que Jean-Marc Andrieu et sa belle bande signent ici l’opus I d’un voyage chez Blanchard : la Bibliothèque Nationale conserve ses quarante-six motets, d’autres chefs-d’œuvre du calibre d’In exitu Israël espèrent sonner à nouveau.

J.C Hoffelé ; Artamag'